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Des objets inoffensifs déclenchent une fouille d'aéroport

Dans le contexte tendu post-événements du 11 septembre qui sévit dans les aéroports, il arrive parfois que le personnel de la sécurité aéroportuaire réagisse exagérément.


Dans le contexte tendu post-événements du 11 septembre qui sévit dans les aéroports, il arrive parfois que le personnel de la sécurité aéroportuaire réagisse exagérément. Par David Menzies, mars-avril 2008

Depuis les fameux événements du 11 septembre, alors que la sécurité redouble de vigilance, beurre d’arachide, piles et voyages par avion ne font pas bon ménage. Je le sais maintenant. J’en ai fait l’expérience de première main. Et de la dure façon.

Récemment, je revenais du paradis de vacances sibérien sur Anchorage, Alaska, où je devais changer de vol pour me rendre à St. Paul, Minnesota, puis, à Toronto. Tandis que j’attendais mon vol de correspondance, je tuais le temps en lisant les journaux locaux à l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage lorsque soudain j’entendis mon nom appelé sur le système de sonorisation. « David Menzies, veuillez vous présenter au contrôle des bagages » glapit une voix féminine sèche. Je me sentis comme si j’étais à l’école et qu’on me convoquait au « bureau ». Ce genre de truc ne sent jamais bon. J’avais une petite idée qu’il se passait quelque chose. Et à mesure que je m’approchais du contrôle des bagages, je compris qu’il se passait vraiment quelque chose. Agents de sécurité, agents de lignes aériennes, policiers et un berger allemand à l’allure menaçante étaient réunis autour de ma minable valise verte.

RUISSELLEMENTS DE SUEUR
À ce point, la sueur s’est mise à ruisseler de mes sourcils. Je n’avais rien fait de mal – en fait, je ne rapportais même pas une bouteille de vodka russe bon marché dans le pays. Je vous le concède, Anchorage n’est pas Istanbul, mais compte tenu de l’attroupement de personnel de la sécurité au visage sinistre et de la présence d’armes à feu, sans compter le contexte aéroportuaire, tout ce qu’il me venait à l’esprit était Midnight Express.

« Êtes-vous David Menzies et est-ce que ceci est votre valise ? », me demanda un policier au visage anguleux. « Euh… oui… », bégayai-je. « Ouvrez-la, s’il vous plaît » dit-il d’un ton dénué de gaieté.

J’ouvris la fermeture-éclair pour révéler une valise pleine de chaussettes sales, de vêtements froissés et d’une paire de caleçons boxeur à la senteur acre. Le berger allemand au nez fin gronda. Il n’aimait réellement pas ces caleçons boxeur.

« Ramassez la botte gauche s’il vous plaît », dit le policier en pointant le doigt à ma lourde chaussure d’hiver. Je m’exécutai. Tout près, quelques personnes commencèrent à se rassembler, à chuchoter et à pointer du doigt.

« Entrez la main lentement à l’intérieur et sortez le contenu », demanda encore le policier. Certains types de la sécurité avaient la main posée sur leur arme à feu. Ayoye !

TREMBLEMENTS DE MAINS
Les mains tremblantes, je sortis lentement le contenu. L’aéroport d’Anchorage, à propos, est aisément le plus intimidant au monde. Tout genre de faune qui ait jamais parcouru l’arrière-pays de l’Alaska – de l’ours polaire au bœuf musqué au carcajou – a été tué, empaillé et exposé dans d’énormes boîtes en verre. Je n’avais aucune intention de joindre leurs rangs.

Il y eut plusieurs soupirs de soulagement lorsque j’extirpai un pot de 2 kg de beurre d’arachide extra-crémeux et un emballage de six piles C Duracell. On m’avait précédemment avisé d’apporter ma propre réserve ‘cachée’ de nourriture et de piles en Sibérie à cause des pénuries alimentaires et des pannes de courant. Fourrer le pot de beure d’arachide et les batteries à l’intérieur de mes bottes d’hiver taille 13 m’avait semblé une idée d’emballage géniale – du moins, c’est ce que j’avais pensé. En tout état de cause, les agents de sécurité et les policiers disparurent aussi vite qu’ils étaient apparus. Personne ne m’a même salué.

Je regardai l’agente de la ligne aérienne restée seule sur place. « Que diable s’est-il passé ? » lui demandai-je en respirant encore bruyamment.

Elle s’approcha de moi et chuchota : « C’était la façon dont votre matériel avait l’air lorsque la valise est passée à travers l’appareil de radioscopie. Le beurre d’arachide avait la même consistance que la dynamite plastique et les piles ressemblaient passablement à un détonateur ».

Elle fit ensuite un large sourire. « C’est notre erreur », dit-elle joyeusement. « Passez une bonne journée ! »

– David Menzies est un rédacteur pigiste basé à Toronto qui voyage beaucoup en rêvant constamment à ce que serait un vol en classe affaires. Courriel : d.menzies@sympatico.ca



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